Une conversation avec Mariama : Love, Sweat and Tears

Mariama est une auteure-compositrice et interprète née à Sierra Leone, élévée à Cologne en Allemagne qui fait de la musique r&b et soul.  Son premier album est The Easy Way Out (2012). Elle nous revient avec Love, Sweat and Tears, son deuxième album.

Ce nouvel album contient 14 chansons qui nous emmène voyager dans l’univers de l’artiste. Par exemple, dans Moments Like These, elle chante qu’il faut prendre le temps de savourer tous les moments que la vie offre. Dans, A Little Eternity, sa voix ressemble à une fusion des chanteuses Amy Winehouse et Selah Sue, tandis que dans Dancing Shoes, Mariama nous emmène danser. Enfin, dans Grains of Wisdom, une chanson dédiée à sa petite soeur elle rend hommage aux femmes de sa famille et du monde entier.

Alors,  j’ai discuté avec elle de son nouvel album et de ses inspirations musicales.

Love, Sweat and Tears

  • Le titre a été une réalisation puisqu’elle l’a vu apparaître un soir. Elle a expliqué que « l’amour c’est beaucoup de travail, c’est d’abord un travail sur soi ».

Love 

  • Elle a l’impression que l’amour est quelque chose que l’on trouve, qu’on a et qu’on possède. Donc, nous avons la chance de le garder ou de le perdre.
  • Aujourd’hui, ce qu’elle a compris de l’amour : « c’est quelque chose que l’on doit vivre et que l’on doit développer ».  Aussi, c’est une qualité en soi, c’est la façon que l’on interagit avec les gens, etc.
  • C’est être bienveillant, patient, tendre et donner le meilleur de soi.
  • Il ne faut pas attendre qu’une personne arrive dans notre vie et nous donne ce qu’on s’imagine être l’amour pour croire que c’est véritablement de l’amour.  Donc, c’est un travail sur soi (ça c’est le côté Sweat and Tears).
  • La bienveillance et la gentillesse sont des valeurs qui sont beaucoup négligées aujourd’hui. Cela nous emmène à être déçus et triste.
  • On ne valorise pas assez les qualités qui sont les bases de l’amour.

L’inspiration du processus et de la création pour Love, Sweat and Tears

Inspiration

  • L’inspiration est un élément qu’elle ne peut pas toujours définir puisqu’elle ne maitrise pas toujours l’origine de l’inspiration. Par exemple, il y a des mélodies, des paroles ou des titres qui lui apparaissent dans ses rêves. Donc, c’est à elle, de les terminer et de travailler dessus.
  • Le moment où elle est le plus ouverte à l’inspiration est lorsqu’elle n’essaie pas trop de contrôler ou de se retrouver dans sa tête (dans des pensées).
  • Elle a beaucoup d’inspiration avant de s’endormir ou juste avant de se réveiller.
  • Quelques fois, elle les note ou les enregistre.

Processus

  • Elle a travaillé avec son co-producteur Manuel Schlindwein sur des maquettes et elle a écrit les paroles de ses chansons.

Les chansons

  • In The Wrong Places : c’est d’avoir le courage de s’éloigner de ce qui n’est pas de l’amour et de ce qui nous fait mal. Par exemple, ça peut être des choses simples comme mal se nourrir qui peut emmener à se sentir mal dans son corps et avoir des problèmes de santé. « Je n’ai pas assez d’amour moi-même pour bien me nourrir et me sentir bien dans ma peau. » Aussi, à un niveau plus subtil et difficile c’est d’accepter que nous soyons fragiles et que nous ayons besoin de prendre soin de soi.

« Être humain c’est être fragile »

« Accepter cette fragilité comme une qualité »

Style musical 

  • Soul, folk, pop avec des instruments de l’Afrique de l’Ouest

Les collaborations

  • Ballaké Sissoko & Vincent Segal : elle aime ce qu’ils font en duo et les a contacté pour participer à son album.
  • Soufian Tsunami : elle l’a rencontré il y a 3 ans. Il lui avait proposé de faire un duo pour son projet solo mais ça n’avait pas fonctionné. Donc, ils ont travaillé sur la pièce Never Mind de l’album de Mariama.

Inspirations musicales

  • Miriam Makeba
  • Sade
  • Billie Holiday
  • Etta James
  • Jonni Mitchell
  • Nina Simone

Elle a beaucoup d’inspirations jazz et folk. Les chanteuses qui la touchent sont Miriam Makeba, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sade, Joni Mitchell, par leur voix et leur manière de faire de la musique.

Message de l’album 

Il y a deux parties au message de Love, Sweat and Tears; un faux concept qu’on a de l’amour, et ça commence par soi-même. La deuxième partie est le rapport qu’on a avec soi-même.

« On prend beaucoup de temps pour travailler sur les éléments extérieurs et ne prenons pas de temps pour travailler sur ce qui se passe à l’intérieur de nous. C’est le travail qui est le plus important. »

Il faut se connaitre et savoir ce que son cœur désire vraiment. Il faut apprendre à se pardonner et être honnête avec soi-même puis voir lorsque nous ne sommes pas fidèle à nous-mêmes.

Une tournée au Canada 

  • Elle aimerait venir au Canada!

 

Source de l’image : Mariama 

M.I.A dévoile les pages de sa vie dans MATANGI / MAYA / M.I.A

Mathangi Maya Arulpragasam aussi connue sous le nom d’artiste M.I.A est une auteure-compsititrice-productrice et activiste Sri Lankaise vivant à Londres.

« This is not a documentary because M.I.A is not a normal pop star »

-The Atlantic 

MATANGI / MAYA / M.I.A est le documentaire qui met de l’avant la vie de la chanteuse à l’aide de vidéos d’archives. Ils démontrent l’histoire de la jeune fille née au Sri Lanka mais qui a grandi à Londres. Fille d’un père fondateur du mouvement Tamoul du Sri Lanka, M.I.A est une activiste dans l’âme et une artiste qui n’est pas effrayée de dire ce qu’elle pense haut et fort.

Dès son jeune âge, son activisme a été son médium de communication avant celui de la musique. Elle voulait être documentariste et créer des films. Toutefois, le monde de la musique a toujours fait partie de sa vie.  Par exemple, elle s’endormait en écoutant de la musique pop dans ses oreilles. Elle a fait la découverte de la musique hip-hop en l’écoutant à travers les murs d’un logement situé près de chez elle. Alors, son premier contact avec le hip-hop s’est produit de cette façon parce qu’elle s’était fait voler des choses, dont ces écouteurs.

« Music was my medicine » 

-M.I.A 

Le documentaire nous fait découvrir la chanteuse en nous emmenant à Londres, dans son studio de musique, à travers ses spectacles et ses multiples voyages au Sri Lanka. Ses voyages dans son pays de naissance lui permettent de mieux comprendre ses racines familiales et son histoire. Elle est une femme immigrante vivant à Londres. Dans ses chansons, elle parle d’immigration et de son expérience.  De plus, elle met de l’avant les tumultes et les violences qui sévissent au Sri Lanka. Donc, la chanteuse et activiste veut mettre en lumière ce qui se passe dans son pays d’origine.

N’ayant pas peur de dire tout haut ce que certains pensent tout bas, ses vidéos reflètent les idées que M.I.A veut véhiculer au monde. Nous découvrons son côté musical lorsque nous la voyons dans le studio travailler sur ses chansons et ses albums. C’est sur son projet musical, Matangi, sorti en 2013 qu’on retrouve le succès Bad Girls.

Enfin, MATANGI / MAYA / M.I.A met la lumière sur la vie d’une pop star qui n’est pas seulement une chanteuse engagée créative et transparente, mais une femme qui veut apporter un vent de changement avec ses convictions et opinions.

Source de l’image : IMDb

 

Roxane Gay : auteure féministe, transparente et drôle

Le 11 octobre dernier, j’ai assisté à une conférence donnée à l’Université McGill. L’invité de cette conférence n’était nul autre que l’auteure-enseignante-critique culturelle américaine-haïtienne Roxane Gay.

La soirée était animée par Nantali Indongo, animatrice de l’émission culturelle, The Bridge, sur les ondes de CBC et  membre du groupe montréalais Nomadic Massive.

Madame Gay est venue sur scène avec son livre Hunger à la main. Lors de son arrivée sur scène, elle a été accueillie avec une ovation grandiose. Les applaudissements fusaient de toutes parts.  Elle s’est assise sur le divan et s’est adressée aux personnes venues entendre ces propos.

Roxane Gay_Hunger

Source : Amazon

« Difficult Women, Bad Feminists and Unruly Bodies » était le nom de sa conférence. Roxane Gay a commencé en abordant  deux sujets ; le mouvement #metoo et les hommes qui sont méchants plus précisément dans ces mots « men who are trashed ».

Avant de se lancer dans ses propos, elle a lu un passage d’Hunger où elle parle de son entrainement au gym. Elle n’aime pas faire d’exercice.  De plus, Gay a discuté de son corps et de son poids, mais plus précisément de la manière dont elle vit avec celui-ci puis les regards que la société à sur son corps.

« Truth of living in this kind of body »

-Roxane Gay 

Elle a fait des blagues pour apaiser l’atmosphère qui régnait dans l’auditorium.  Ensuite, elle a dirigé sa conversation vers des sujets de l’actualité touchant la cause des femmes, des sujets moins joyeux mais importants à partager.

L’auteure américaine a discuté de deux articles qu’elle a écrit. Le premier est sur le mouvement #metoo nommé Me too change women et le second I Thought Men Might Do Better Than This qui fait un retour sur la dernière année. Elle a souligné l’affaire Weinstein et l’affaire du juge Brett Kavanaugh, juge de la Cour suprême des États-Unis  accusé d’une tentative de viol par Christine Blasey Ford, chercheuse en psychologie, de l’Université Palo Alto en Californie. Donc, son regard sur la dernière année ne semble pas avoir changé puisqu’elle a expliqué qu’il n’y a pas eu beaucoup de changements ou d’avancement.

«  How are we going to create the lasting change? What will change for woman? » 

« We talk about a resistance but what we need is a revolution » 

-Roxane Gay 

Après ses propos sur la société et l’actualité, elle a discuté avec Nantali Indongo sur divers sujets comme les communautés marginalisées, l’identité, et la situation des femmes. Toute cette dicussion s’est exécutée avec l’apport des interventions et questions en provenance du public. Les questions étaient variées ce qui nous emmenait à entendre les diverses opinions et commentaires de Roxane Gay. Par exemple, une dame s’est levée et lui a demandé des conseils sur l’éducation de son jeune garçon. Roxane Gay lui a mentionné que le garçon doit comprendre le terme consentement et respecter les limites. Aussi, elle a aussi dit que les enfants (garçons et filles) doivent être élever égalitairement.

Une autre question portait sur les membres des communautés marginalisées et sur les moyens et les conseils dont ils ont besoin pour prendre soin d’eux. Sa réponse a été qu’il est bien de reconnaitre que nous devons prendre soin de nous. De plus, il ne faut pas aller au front et se lever pour des causes qui ne nous tiennent pas à cœur et il est permis d’être égoïste pour prendre soin de soi.

Enfin, elle a échangé avec les membres du public sur l’utilisation des réseaux sociaux, son processus d’écriture et les 3 chansons qu’elle écoute lorsqu’elle se sent frustrée. Ces trois chansons sont Bodak Yellow de Cardi B, Hold Up de Beyoncé et S & M de Rihanna.

Son processus d’écriture a évolué durant son adolescence puisque sans le savoir elle écrivait pour traiter son traumatisme. Elle a été violée à l’âge de 12 ans. Dans sa vingtatine, elle traitait son anxiété par l’écrit et lors de sa trentaine ses écrits étaient axés sur la maturité. Maintenant, âgée de 43 ans, elle met en pratique tout ce qu’elle a appris.

Finalement, Roxane Gay est une femme drôle et transparente. Elle a un style d’écriture poignant, surtout dans Hunger. Enfin, j’ai appris davantage d’informations sur cette auteure. Ce fut une belle soirée de conversations!

 

Pour plus d’informations sur Roxane Gay

Source de l’image : Vox