Une conversation avec la chanteuse et voyageuse Mia Aegerter

La chanteuse suisse Mia Aegerter parcours le monde en écrivant 18 chansons. Nous avons discuté de son projet Around the world in 18 songs.

Album

Présentement, vous êtes en train d’écrire  un album et de voyager. Qu’est-ce qui vous amené a créer ce projet musical ?

J’aime voyager et j’aime la musique.  Voyager le monde avec une guitare à toujours été un de mes rêves. Donc, lorsque j’ai décidé de réaliser ce projet, Martin Fliegenschmidt, un membre de mon équipe et projet est venu avec moi. J’ai un partenaire de voyage sur cette mission la plupart du temps alors, par exemple, lorsque nous jouons de la musique pour et/ou avec les habitants des pays, il est plus facile pour nous de surpasser les barrières de langues ou les différences sociales.

« Music is such a great heart-opener. It‘s like a universal language ».

Processus de création ?

Mes chansons sont inspirées de mes expériences et de mes observations, ce qui fait que mes paroles sont très personnelles. Mon inspiration provient d’être touchée profondément. Par exemple, lorsque je suis touchée par une histoire ou une situation, je commence à écrire une chanson.

Donc, je commence par une parole, mais en voyage il m’est arrivé d’être dans un endroit tellement émouvant que j’ai pris ma guitare et tenté de composer une pièce musicale qui pourrait représenter le paysage qui défile devant mes yeux. Par exemple, je pense aux vastes paysages enchanteurs de la Mongolie ou à l’immense désert de Namib en Namibie.

Est-ce que votre projet est inspiré du livre de Jules Vernes « Autour du monde en 80 jours » ?

Oui ! J’ai décidé de nommer mon projet d’après le livre de Jules Vernes. Je suppose qu’il reflète une partie de moi qui aime voyager, mais plus précisément, c’est de plonger dans de nouveaux mondes étranges avec seulement une petite guitare et une grande curiosité. En commençant le projet, je voulais l’intituler « Autour du monde en 80 jours », mais écrire 80 chansons serait un long processus. Alors, j’ai décidé de parcourir le monde en y écrivant 18 chansons.

À quel moment sera-t-il disponible pour le public ? Une date de sortie ?

Je planifie sortir un EP cette année. Toutefois cela dépend de la vitesse à laquelle je peux réaliser le produit final.  En ce moment, nous publions déjà des vidéos de nouvelles chansons sur Youtube et sur mon blogue: Aroundtheworldin18songs.com. De plus, je veux éditer des vidéos de musique et éventuellement une créer un documentaire / film musical à partir des images que nous filmons pendant le voyage. Mais c’est une idée que j’ai eue en voyageant. 

« I think it might be interesting for the people to see how a song is being created »

Est-ce qu’il y a un thème principal à votre projet ?

Non, pas vraiment, mais la plupart des chansons sont influencées par notre voyage. La première chanson que nous avons écrite en Gambie s’appelle Travelling Light. Mon sac à dos ne pesait que 8 kilos. J’aime être flexible et légere lorsque je voyage. C’est la dernière fois que j’ai enregistré un sac à l’aéroport. Donc, voyager léger doit être compris littéralement et métaphoriquement. Enfin, deux autres chansons que j’ai écrites sont Transit Zone et Heritage.

Voyages

  • Dans une de vos publications Instagram, vous avez écrit «« When overseas you learn more about your own country, than you do the place you’re visiting » de Clint Borgen. Qu’avez-vous appris de votre pays ?

Quand on est confronté à d’autres cultures, nous réalisons notre  propre éducation sociale et culturelle. Par exemple, par rapport à de nombreux pays dans lesquels nous avons voyagé, je pense que mon pays d’origine (la Suisse) est à certains égards trop axé sur la propreté et la sécurité. L’accent est mis sur l’individualité et le développement personnel, alors que dans de nombreux pays où nous nous sommes rendus, l’accent est mis sur la communauté plutôt que sur l’individu. En Suisse, j’ai grandi avec beaucoup d’espace privé et nous accordons une grande importance à la discrétion. Vous ne trouverez rien de tout cela dans un train en Inde ou dans un bus public en Zambie. J’ai été mis au défi de manière inattendue et j’ai donc eu la chance de voir ma propre éducation d’une autre façon.

  • Qu’apprenez-vous sur vous lors de votre voyage ?

J’ai appris que j’ai des préjugés sans même le savoir. Je pensais que Moscou serait une ville dure et froide, mais au lieu de cela, j’ai trouvé une ville pleine de poésie et de mélancolie. En ce qui concerne l’Afrique, je ne sais même pas par où commencer. Les pays de ce continent sont si divers et si différents les uns des autres. Dans les médias, on nous présente généralement une image d’un pays ou d’une culture.  Par exemple, je n’aurais jamais pensé rencontrer un fanatique de la propreté ; j’ai rencontré un Gambien qui n’aimait pas marchander ou même s’asseoir dans une voiture sur une petite île du sud du Pacifique en écoutant de la musique de yodel (yodel music), car son chauffeur apprécie beaucoup le pays.  Donc, lorsque l’on voyage, la vie nous gifle régulièrement, et cela nous apprend à ne pas catégoriser. J’aime ça !

  • Visite de 8 pays en 4 mois, combien de pays vous reste-t-il à visiter?

Présentement, j’ai voyagé dans 21 pays depuis le début de l’année 2018. Alors, avant mon retour en Europe au mois de mars, il me restera au  moins 4 pays à visiter.

  • Pays/villes visités

Namibie, Zambie, Tanzanie, Éthiopie, Mali, Gambie, Sénégal, Maroc, Népal, Inde, Afrique du Sud, Russie, Mongolie, Chine, Japon, Vietnam, Cambodge, Malaisie (Bornéo), Philippines, Australie, Vanuatu

  • Quelle est votre raison d’avoir choisi ces pays ?

C’est un mélange de destinations inscrites sur ma liste et de pays qui nous ont été recommandés lors d’un voyage. Vanuatu était sur ma liste, car mes parents avaient un vieux livre sur le Pacifique du Sud. Les images avaient l’air si exotiques et étranges, j’étais déjà intriguée dès mon enfance. J’essaie toujours de sortir des sentiers battus. Je suis surtout intéressée par des endroits moins fréquentés et donc plus authentiques. Si possible, je dors chez l’habitant, dans des lieux locaux ou sur Airbnb. De cette façon, je peux me plonger directement dans le mode de vie local et aussi soutenir les communautés locales au lieu de donner mon argent à des chaînes hôtelières internationales.

  • Pourquoi 18 chansons ? Est-ce que vous allez écrire une chanson dans tous les pays que vous allez visitez ?

Ce serait aussi une bonne idée! Non, je ne le ferais pas. J’ai nommé ma mission d’après le livre de Jules Vernes. Un de mes amis m’a suggéré de choisir 18 chansons. Cela ressemble presque au numéro 80 et rappelle donc le titre du livre.

  • Difficultés ?

Je n’ai pas assez de temps. Je n’ai pas planifié mon voyage à l’avance, alors, je dois tout planifier en cours de route comme décider quel pays visiter, réserver des vols, acheter des billets de bus ou de train, organiser des endroits où dormir, etc. En outre, j’écris aussi des articles pour mon blogue.

Heureusement, je me sens très à l’aise pour écrire dans les transports en commun. Par exemple, dans le train transmongolien, j’ai travaillé pendant des heures sur mes paroles.

Mia Aegerter

  • Qui est Mia Aegerter ?

Je suis une chanteuse et compositrice suisse multilingue Goldwinning. Je vis et travaille à Berlin en Allemagne. J’ai cinq albums disponibles en allemand et suisse, dont un sorti un album 2017 en langue allemande. Maintenant, je travaille surtout sur les paroles en anglais à cause des voyages. Auparavant, j’ai travaillé comme actrice à la télévision, au cinéma et au théâtre et j’ai écrit des chroniques pour un grand quotidien suisse et un magazine suisse en ligne.

  • Quelle est votre mission pour faire/créer de la musique ?

C’est quelque chose que je dois faire. Je peux en vivre.

Pour plus d’informations sur Mia Aegerter:

Source de l’image : Mia Aegerter

Tomberlin : la beauté de la recherche de soi

Sarah Beth Tomberlin, chanteuse américaine en provenance de Jacksonville en Floride qui réside maintenant à Louiseville au Kentucky, mieux connue sous son nom de chanteuse, Tomberlin, nous présente son premier album, At Weddings.

Les pages du journal intime de Tomberlin

Tomberlin  fait de la musique de style folk. Elle a une voix douce et réconfortante. Ces chansons apportent un sentiment de calme.  

Dans, At Weddings, Tomberlin ouvre les pages de son journal intime où ses chansons sont en fait inspirées de ses expériences de vie, des histoires qui lui sont importantes. Elle a écrit ces pièces musicales lors de son adolescence et au début de sa vingtaine où elle se cherchait comme individu et qu’elle surmontait des surmonter ses difficultés. Cette jeune auteure-compositrice a eu quelques périodes difficiles puisqu’elle se questionnait sur son identité, ses croyances et sa place dans le monde.

L’écriture de ses chansons lui a permis de trouver la lumière, car elle avait de la difficulté à s’exprimer autrement. 

Elle raconte des histoires avec clarté et précision. Les mots sont simples, mais ce qui rend les chansons intéressantes est le rythme. 

Par exemple dans la chanson A Video Game, la jeune chanteuse partage l’histoire d’une personne qui ne semble pas vivre avec authenticité. Est-ce qu’elle vit dans un jeu vidéo? Est-ce que le jeu vidéo représente une illusion? Un monde à part où la personne peut vivre comme bon lui semble et décider de ne pas faire face à la « vraie vie ».

« You never learned to smile when
You’re saying « nothing’s wrong »
I know you’re lying to me
Let me break down the wall »

– A Video Game

De plus, dans ces morceaux musicaux, nous pouvons entendre la guitare, le piano et le violon qui donne une belle ambiance.

Enfin, Tomberlin a mentionné que son objectif en faisant de la musique est que l’honnêteté et la transparence aident les gens à rouver leur manière d’exister. 

«  My number one goal with my music is for honesty and transparency that helps other people find ways to exist » 

Tomberlin


Mes coups de coeur de l’album :Tornado, SeventeenSelf-Help et Any Other Way

https://www.youtube.com/watch?v=vquVuj0DWZk

Finalement, cette jeune chanteuse a un bel album. Un projet musical de 10 chansons qui nous fait découvrir la beauté de la découverte de soi. 

Source de l’image : Pitchfork

Une conversation sur la musique et la santé mentale

La conférence au festival Pop MontréalLe burnout et la santé mentale dans l’industrie m’a emmenée à poser quelques questions à Diana Tat est doctorante en neuropsychologie afin d’avoir davantage d’informations sur le sujet. 

« Plus de 80% sur une base quotidienne, des jeunes adultes (15-24 ans) écoutent de la musique au moins une heure par journée ». 

Dans le cadre de son doctorat, Diana Tat mène une étude sur l’effet de la musique sur le stress et l’anxiété, mais elle se spécialise sur les athlètes qui ont subi des commotions cérébrales.  Son étude est faiteau laboratoire MUSEC, le Laboratoire de recherche sur la musique, les émotions et la cognition, et elle est liée au BRAMS, le Laboratoire de recherche sur le Cerveau, la Musique et le Son.

Qu’est-ce que le burnout ? Les causes ? 

  • Il y  a un chevauchement avec la dépression, mais le burnout découle de  l’épuisement professionnel. Il s’agit d’un facteur important. 

Outils pour surmonter l’anxiété (en lien avec la musique)

  • Du côté de la littérature scientifique, il n’y a pas de réponses précises. (ex : une chanson en particulier).
  • Recommandations scientifiques – musique instrumentale (sans paroles) et de la musique classiqueparce que les paroles peuvent interférer avec le processus de relaxation. 
  • Dans les études, les musiques classiques sont souvent utilisées.
  • Mélodie : la littérature suggère un rythme lent. Le corps et le coeur vont se synchroniser avec le rythme de la musique et ralentir leur cadence.

Études scientifiques 

  • La musique peut raviver des souvenirs (ex : expériences traumatisantes ou expériences positives).
  • Les chercheurs demandent au participant d’exécuter une tâche stressante. Ensuite, ils lui font écouter de la musique et ils regardent dans quelle mesure la musique peut réduire le stress. 
  • Ils vont mesurer le stress à deux niveaux :
  1. Niveau auto-rapporté : selon sa perception, la personne indique le niveau de stress sur une échelle.
  2. Les chercheurs posent des électrodes pour mesurer l’activité cardiaque et l’activité électrodermale qui est l’activité électrique de la peau. 
  • Par exemple, lorsque nous sommes stressés, nos mains deviennent moites. Donc, lorsque les chercheurs mettent des électrodes sur les doigts, ils peuvent mesurer le niveau de sudation qui indique l’activation du système nerveux autonome et cela leur permet de comparer différents groupes de participants, différentes conditions audio et de savoir si la musique se démarque.

Sélection des chansons

  • Pièces classiques
  • Pièces instrumentales 
  • Sans paroles 
  • Elles sont jugées par les participants. 

L’étude à Diana Tatt

  • Elle est présentement dans la phase d’essai (testing) et elle a recueilli quelques données. La tendance est prometteuse. (ce n’est pas statistique).
  • Comparaison : l’écoute de la musique avec une autre condition sonore. Les chercheurs font faire une autre activité sonore au participant.
  • Ils comparent aussi avec le silence. Il pourrait y avoir un effet dis-tracteur, mais il est difficile de savoir quels sont les bénéfices de la musique. Par exemple, une autre activité sonore pourraitêtre d’écouter un livre audio.
  • Indice : voir l’électrocardiogramme.
  • Nombre de participants : une quinzaine, mais son objectif est de 30 participants. 
  • Remplir plusieurs questionnaires sur le stress.
  • Protocole : validé et standardisé.
  • Ce qui fonctionne est un stress de nature sociale (socio-évaluative). Par exemple, faire un discours où la personne sera par la suite jugée. (peur d’être jugé, de faire quelque chose devant le public).
  • Instructions – un temps prévu pour le discours, mais les indications sont données aux participants.

Faits intéressants 

  • Pourquoi est-ce que la musique fonctionnerait pour la réduction du stress ?
  1. La musique favoriserait l’humeur et les émotions.
  2. Il y a eu plusieurs sondages, « pourquoi écoutez-vous la musique ? » . La réponse qui revenait le plus souvent est « pour moduler l’humeur » (se relaxer, se calmer). Donc, sans nécessairement connaitreles effets de la musique, les gens l’écoutentpour changer leur humeur.
  • Le circuit de la récompense dans le cerveau  – lorsqu’un individu ressent des frissons en écoutant de la musique, c’est la même voie qui s’active que lorsque l’on prend du chocolat.  Donc, c’est pour cela que l’on peut écouter la même chanson en boucle ! 
  • Dépendance à la musique ? – il n’y a pas de dépendance à la musique, mais les chercheurs essaient encore de comprendre la question. 

«  Selon une étude, 97,2% de la population écoutent la musique ».

La musique est omniprésente dans nos vies. Il faut écouter la musique quinous plait !

Plus d’informations sur les effets de la musique sur le stress :