Brittany Howard : un premier album solo

Brittany Howard, chanteuse du groupe Alabama Shakes, présente son premier projet solo nommé Jaime. Un album où elle traite de plusieurs sujets comme la famille, l’amour, être la meilleure version de moi-même, les relations amoureuses, etc.

Elle fait de la musique qui englobe plusieurs styles musicaux comme le r&b-soul-alternatif avec des petites touches de jazz. À l’écoute de Jaime, à quelques moments, nous pouvons entendre que sa voix a les mêmes teintes que Macy Gray. Une voix soul douce et profonde qui a un message à faire véhiculer. Nous ressentons toutes les émotions qu’elle veut partager.

Les chansons de ce projet musical s’écoutent bien puisque le rhythme changent de chansons en chansons. Elles ont toutes une particularité qui font découvrir le côté créatif et artistique de la chanteuse américaine. La chanson Goat Head fait allusion à son histoire familiale tandis que dans Georgia Brittany Howard chante son amour à une dame qui est plus vieille qu’elle.

Le processus de création

Source : Pitchfork

Brittany Howard a nommé son premier album Jaime puisqu’il s’agit du nom de sa sœur qui a perdue la vie lorsqu’elle était adolescente. Sa soeur, musicienne est celle qui a inspiré Brittany Howard à faire de la musique. 

Dans une entrevue de la BBC, elle a expliqué le processus de création de son album. Donc, Brittany Howard s’est installée à Topanga en Californie pour écrire ses chansons. Elle a tenté de jouer plusieurs instruments et de trouver l’inspiration, mais elle n’en trouvait pas. 

« But once I stopped trying, the songs came, and they came really complete. I could just hear all the parts. »

-Brittany Howard

Donc, cette partie de l’entrevue est importante pusiqu’au moment où elle a essayer de trouver des idées, les chansons lui sont venues. Howard pouvait entendre toutes les parties de ses chansons. Cette partie de l’entretien avec la BBC m’a fait réaliser qu’il ne faut pas se forcer à créer lorsque nous ne pouvons pas. Oui, il est important de faire ce que nous aimons, mais il faut pendre le temps de s’écouter, prendre une pause et laissez aller les choses. Let it go and let it flow! Follow the flow!

Britany Howard – Stay High

« I wondered what it was I wanted for myself next. I suppose all I want is to help others fell a bit better about being.»

-Brittany Howard*

Enfin, Jaime est un album où Brittany Howard dévoile des aspects de sa vie à son public. Un premier album qui permet de comprendre l’auteure-compositrice et d’entendre des morceaux musicaux qui nous emmène à explorer un univers où la liberté et l’amour sont présents. Un endroit où il fait du bien…d’être. 

*message écrit sur le compte Instagram du groupe Alabama Shakes

Source de l’image : NPR

Daniel Caesar aux commandes de son navire

Le 3 juillet dernier dans le cadre du Festival de Jazz International de Montréal le chanteur torontois Daniel Ceasar est monté sur scène à la salle MTelus. Il a présenté des chansons de son album Freudian.

Première partie : Ambiance électrisante avec DJ Do Not Push

La première partie du spectacle a été consacrée à la prestation du DJ torontois, DJ Do Not Push . Il a mis des chansons pour réchauffer l’audience avant l’arrivée de Daniel Caesar comme I Like it de Cardi B x J.Balvin et Bad Bunny et Look Alive de Blockboy JB x Drake. L’audience semblait un peu froide, mais dès que la chanson Humble de Kendrick Lamar s’est fait entendre l’ambiance et l’atmosphère ont changé. Une nouvelle énergie s’est fait ressentir. Ensuite les chansons, Sad de XXXTentacion, A.T.M de J.Cole et Apesh** de The Carters se sont fait entendre. Après plusieurs chansons plus rythmées, DJ Do Not Push a changé l’ambiance pour amener un son plus calme. Donc, il a joué les pièces musicales comme Boo’d Up d’Ella Mai, Waterfalls de TLC, etc. De plus, il a même salué le chanteur américain Moses qui a pris la décision d’annuler son concert étant donné la controverse qui entoure le spectacle SLĀV (lien jazz fest) de Betty Bonifassi mis en scène par Robert Lepage. Enfin, il y a eu quelques problèmes techniques, mais ceci n’a rien enlevé à l’ambiance électrisante du MTelus.

Daniel Caesar : le chef d’orchestre

Le  concert de Daniel Caesar a pris du temps à démarrer. Entre la fin de la première partie et la prestation du jeune chanteur canadien, l’attente était longue et les gens semblaient s’impatienter…Ce moment d’attente s’est fait vite oublier dès l’arrivée des 4 musiciens et 3 choristes de Caesar. Le décor s’apparentait à un véritable studio d’enregistrement.

Daniel Caesar avait à peine entamé les premières chansons que nous sentions que la soirée allait en être une remplie d’émotions. Le public de Daniel Caesar se faisait entendre par ses cris, ses applaudissements et par des « I love you » lancés entre les performances du jeune chanteur.

Il a une certaine aisance avec sa voix. Daniel Caesar chante avec délicatesse tout y ajoutant ses émotions. Les jeux de lumière étaient très bien exécutés ce qui emmenait un élément de plus à son spectacle. Il a présenté à son public montréalais les chansons de Freudian comme Blessed, Take Me Away, Get You, Neu Roses, etc.

Caesar semblait être un chef d’orchestre en contrôle de sa musique.  Les chansons étaient présentées de manière très différente de son album. Cette disparité dans les pièces musicales se faisait ressentir lorsque par exemple, il chantait la chanson Hold Me Down où il dit :

«  I never asked for much only that you stay true
Need I remind you all the things I do for you
Who can not blame, I play the game
Well just for now
I was wondering can you hold me down » 

-Hold Me Down 

Il mettait l’accent sur les mots « wondering » et «can you hold me down » ce qui faisait ressortir les parties des chansons qu’il faisait entendre à son public. Aussi pour la chanson Take Me Away, il se baladait sur la scène en chantant et faisant signe à ces musiciens de  suivre ces instructions. C’était un moment spécial puisque les membres de l’audience pouvaient percevoir un chef d’orchestre à l’œuvre et en contrôle de son art.

L’ambiance de cette soirée ressemblait au spectacle du chanteur DVSN au mois de février dernier. Même si nous avions de la difficulté l’entendre parler par moments, il semblait que nous étions dans une séance d’enregistrement avec lui où il était aux commandes de son navire en dirigeant ses musiciens. L’audience avait une place de choix dans l’univers musical et artistique de Daniel Caesar.

Source de l’image : Exclaim

Nameless : musique soul et épurée de Dominique Fils-Aimé

Après son premier album The Red EP, l’auteure-compositrice-interprète et semi-finaliste à l’émission La Voix en 2015 Dominique Fils-Aimé nous revient en force avec Nameless, son premier album.

Ce projet musical est inspiré du poème Still I Rise de la poétesse, activiste des droits civiques et écrivaine Maya Angelou . De plus, il est aussi inspiré d’éléments tels que l’histoire des afro-américains et la musique de la première partie du 20e siècle.

«  I wanted to understand how that music would make me feel and make my own representation of it. » *

-Dominique Fils-Aimé*

Elle fait de la musique qui mélange plusieurs types musicaux tels le r&b x soul et les influences des années 60. De plus, chaque pièce musicale emmène une touche spéciale à l’album. Elles ne sont pas chargées d’instruments et de sons. C’est un son soul, épuré et minimaliste ce qui donne une beauté à l’album.

Alors que les premières notes de la chanson Strange Fruit, une reprise de la chanson de Billie Holiday, m’ont fait pensé à No Man is Big Enough for My Arms du duo Ibeyi, celles de Birds ressemblent à Cécile McLorin-Salvant, chanteuse de musique jazz.

Mon coup de cœur sur l’album est Rise, car les paroles et le thème de la chanson sont inspirantes.  Elle chante : «  You done livin’ in misery, You done livin’ in misery Bertha », ce qui veut dire « tu as terminé de vivre dans la misère Bertha » . Alors, si une situation est difficile, il faut trouver une solution et aller de l’avant!

Les histoires que Dominique Fils-Aimé nous raconte à travers cet album nous font voyager par une multitude d’émotions. Ce plus récent projet musical m’a permis de mieux la connaître mais surtout de mieux comprendre comment les grandes chanteuses telles Nina Simone, Billie Holiday et Etta James l’ont beaucoup influencée.

En l’écoutant, j’ai pensé que Nameless, sans nom, pouvait peut-être nous emmener à penser à la peine et aux rudes épreuves que le peuple noir a pu vivre… mais non, Nameless est un album qui a un nom: celui de l’espoir et de la liberté.

Dominique Fils-Aimé a rendu un bel hommage à la musique afro-américaine. C’est une très belle découverte musicale.

Enfin, less is more!

Photo de couverture : SoundCloud 
*Source de la citation : bandcamp