Une conversation avec le chanteur soul Clerel

Les soirées Sound of Soul se déroulent à la salle de spectacle Le Balcon situé au quartier des spectacles à Montréal. Ce sont des spectacles où le meilleur de la musique soul, r&b, motown et funk est présenté au public.

Le 18 octobre dernier, j’ai eu la chance d’assister à la prestation de Clerel où il a interprété plusieurs chansons comme Rock With You de Michael Jackson, All Night Long (All Night) de Lionel Richie, Let’s Stay Together d’Al Green, What’s Going On de Marvin Gaye, etc.

Donc, avant le spectacle de Clerel, nous avons discuté de son EP, de son parcours musical et de son processus de création.

La conversation avant le spectacle

EP : Songs form Under a Guava Tree

Pourquoi ce titre?

  • Sa famille avait un goyavier au Cameroun (son pays d’origine).
  • Le titre présente une partie marquante de sa jeune enfance.
  • Le goyavier était une façon de faire un clin d’oeil à ses origines et son parcours personnel. Donc, c’est de faire un clin d’oeil à ce petit garçon qui écoutait la musique et qui en aimait. Aussi, il ne pensait pas que ce petit garçon un jour allait faire de la musique professionnellement.

Vie familiale

  • Il vit à Montréal depuis 6 ans.
  • Sa famille a déménagé aux États-Unis où il y a vécu 5 ans.
  • Il a fait ses études universitaires en chimie. Après le BAC, il a déménagé à Montréal.
  • Être à Montréal était l’opportunité de s’allier à sa passion qui est la musique.
  • Clerel a toujours aimé chanter. Il écoutait les chansons des bandes sonores d’émission de jeunesse.
  • À l’université, il vivait au campus avec un coloc qui avait une guitare acoustique. Il était curieux à savoir comment fonctionnait la guitare. Donc, il a appris a joué en 2009.
  • Aussi, il a commencé à chanter.

Inspirations musicales

  • Il se rappelle à l’âge de 8 ans avoir écouter l’album de Jean-Jacques Goldman, des chansons de Françoise Zardy, du Jacques Brel, etc. Il était une éponge puisqu’il absorbait tout.
  • Il a découvert la musique soul à 19-20 ans où il a découvert des chanteurs comme Marvin Gaye, Al Green, etc.

«  Tu as l’impression de savoir comment les personnes se sentaient lorsqu’ils ont fait l’enregistrement de leurs chansons » .

– Clerel

  • Clerel écoute de la musique pop et il a des inspirations gospel.
  • L’église a été un des premiers endroits où il est tombé en amour avec la musique.
  • Il est surtout un auditeur.
  • EP : Il tente de se chercher et faire ressortir toutes ses influences musicales.
  • Burna Boy : il a arrive à synthétiser plusieurs sons.

Image (son branding)

  • Branding : c’est la musique soul parce que tu le ressens.

Processus créatif

  • Il avait fait beaucoup de reprises (cover) de chansons. Clerel a appris plusieurs chansons d’artistes qu’il aimait.
  • Il a fait beaucoup de soirée open mic à son arrivé à Montréal.
  • À quelques moments, il y a des mélodies qui lui passent par la tête, ou même il y a des situations qui l’inspirent ce qui fait qu’il peut écrire sur celles-ci.
  • Clerel a pris toutes ces différentes idées puis il a composé.

Chansons

  • Processus de quelques mois où il a « jammé » et construit graduellement les chansons.

Enregistrement

  • Clerel a travaillé avec Kento Kataoka avec qui il a enregistré les chansons dans son home studio.
  • L’été dernier ils ont enregistré les 5 chansons du EP.
  • Clerel aime travailler en équipe.

Des collaborations?

  • Tout est une question de feeling.
  • Il veut trouver des gens qui ont des compétences complémentaires aux siennes.
  • Son but cette année est de faire plus de collaborations.
  • Il a collaboré avec Fatoumata Gallas que l’on peut entendre sur la chanson Wild Things.

Message du EP

  • La dernière chanson est Kiss the Whole World. Les messages de la pièces sont ce qui nous fait avancer même si la vie est parfois difficile c’est que nous devons garder espoir et savoir qu’éventuellement, nous trouverons notre place et que ça marche.
  • Voix : sens de calme et de sérénité.

Thèmes

  • Espoir
  • Surmonter les obstacles et continuer d’aller de l’avant.
  • Désir de connexion et de réflexion sur un passé amoureux .
  • La musique vient en premier et les paroles viennent par la suite
  • Désillusion du monde autour de soi.
  • Il n’y pas nécéssaire de message qui est lié au titre du EP, Songs From Under a Guava Tree.

Il a un album complet qui sortira en 2020. Détails à venir….

Finalement, il y a avait une belle ambiance dans la salle du Balcon. La soirée Sound of Soul a été l’opportunité de découvrir des chansons et d’écouter les reprises favorites de Clerel.

Pour plus d’informations sur Clerel :

Source de l’image : Kanga in Space

Songs From Under a Guava Tree de Clerel

Je suis tombée sur une vidéo de Clerel sur les réseaux sociaux et j’ai tout de suite voulu en découvrir davantage sur cet artiste.

Le EP du chanteur montréalais camerounais se nomme Songs From Under a Guava Tree. Ce projet musical de 5 chansons apportant calme et sérénité, te fait découvrir les sublimes subtilités de sa voix.

Les paroles de cette chanson semblent toucher le sujet des hauts et bas que nous vivons pour la plupart au quotidien. 

«  But I believe I’ll be okay again 
And I know I’ll do the right thing then 
Yes it’s hard to see how 
Just looking at me now 
But I’ll be okay somehow »

-Clerel

Donc, il faut revenir à ce qui est le plus important est de choisir le côté positif même si cela peut être difficile de le faire. Il faut se donner le temps de vivre les moments plus ardus pour surmonter la montagne et voir la lumière au bout du tunnel.

Clerel fait de la musique r&b et acoustique avec de oldies et de soul qui me font penser à plusieurs chanteurs comme J.S. Ondara et Leon Bridges et Gary Clark Jr.

Clerel pourrait faire une collaboration avec les chanteuses montréalaises Hanorah et Léonie Gray. Ce serait superbe des les entendre partager leur passion de leurs métiers au public !

Finalement, Songs From Under a Guava Tree est un projet à découvrir si tu aimes la musique r&b/soul. La musique de Clerel te permettra de voyager dans un nouvel univers musical où le sentiment de calme et la beauté des mots sont omniprésents.

Source de l’image : Bandcamp

Leon Bridges : une évolution musicale

J’ai découvert Leon Bridges, chanteur de soul / r&b originaire de Fort Worth au Texas grâce aux chansons Better Man et Coming Home qui se retrouvent sur ComingHome, son premier album sorti en 2015. Ceux qui connaissent bien cet artiste ont probablement remarqué que la sonorité de cet album ne ressemble pas du tout à son deuxième projet musical Good Thing. Selon moi, cette différence prononcée s’explique par l’évolution musicale de Bridges.

Alors que la musique de Coming Home semble s’inspirer des artistes Sam Cooke et Otis Redding; deux grands chanteurs de la période des années 60, les chansons de Good thing ,elles, sont un peu éloignées du son des 60’s/r&b mais se rapprochent d’un son r&b plus moderne (sans oublier la saveur de Leon Bridges).

À quelques reprises, les chansons m’ont fait penser à un mix de Anderson .Paak x Leon Bridges. Par exemple, en plus d’avoir un son assez rythmé, la chanson Bad Bad News contient quelques touches de musique jazz qui rappellent Anderson .Paak.

Sur la chanson Beyond, il explique l’amour qu’il ressent pour une fille, dans Shy il s’exprime sur la place que la timidité peut occuper dans une relation et dans Forgive you, il parle de pardon. Malgré sa courte durée (35 minutes), Good Thing contient 10 chansons qui nous font naviguer dans le monde musical de Leon Bridges. Un univers où la musique r&b est omniprésente.

Bridges nous présente définitivement « la bonne chose » (good thing) dans chacune de ses pièces musicales.

Photo de couverture : Garden and Gun